André Frère Éditions

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Smith

Christine Ollier

19,50 €

Catégorie : .
  • Collection Juste entre nous
  • 128 pages
  • format 17 x 24 cm
  • Couverture souple
  • 32 images couleur
  • ISBN : 979-10-92265-64-4
  • 19,50 €
  • parution 10 novembre 2017

SMITH est artiste « depuis son plus jeune âge », comme l’énonce si justement cette expression. Nous nous sommes rencontré-es peu de temps après son diplôme de l’École nationale supérieure de la Photographie d’Arles.

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Ce n’était ni sa première ni sa dernière formation. Il y avait déjà eu la khâgne, un master en philosophie à la Sorbonne, un passage à l’université Aalto à Helsinki ; et il y aurait le Fresnoy, Studio national des arts contemporains, s’achevant par une thèse de doctorat à l’UQAM à Montréal les années suivantes. C’est au cours de ces dernières années que SMITH fit son entrée à la galerie les Filles du Calvaire, dont j’ai été la directrice artistique pendant plus de vingt ans.

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Ses portraits, réalisés à vingt ans à peine, étaient sensibles et différents de la monotonie courante. Mais ce fut l’installation vidéo C19H28O2 (Agnès) que SMITH présenta en première année du Fresnoy, qui me sidéra et me questionna suffisamment pour vouloir lui organiser au plus vite une première exposition à la galerie les Filles du Calvaire. Je fus en cela fort bien suivie par mon bras droit, Marie Magnier, aussi enthousiaste que moi-même. Par sa culture plus jeune et sa complicité avec mon propre regard, cette dernière fut, en quelque sorte, garante du bien-fondé de ma prémonition sur ce travail – bien qu’il soit à l’évidence trop tôt pour le confirmer. SMITH avait alors à peine vingt-cinq ans.

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SMITH fait partie de ces nouvelles générations d’artistes capables de cumuler plusieurs cursus universitaires afin de mieux asseoir le socle référentiel de leur potentiel créatif, tout en ayant la possibilité de jeter les premières ébauches de celui-ci.

Quoi de mieux en effet, pour un-e artiste en devenir, que ces programmes adossés à des ressources humaines, des bibliothèques, des rencontres et des voyages ? D’un colloque sur l’importance de ces politiques pédagogiques ouvertes, j’ai retenu une phrase de Bruno Serralongue : « Les écoles sont là pour former des citoyens. »

J’ajouterais : des citoyens hors normes dont la portée créative peut d’aventure être exceptionnelle. Ces jeunes gens, en particulier SMITH, sont non seulement brillants et cultivés, mais aussi peut-être un peu savants, au sens de chercheurs—artistes dont la vitesse de pensée pourrait nous dépasser aisément, si elle n’avait besoin de trouver au fur et à mesure des formes de production et de diffusion.

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Évitons toutefois de parler ici de génie. La fragilité d’une œuvre artistique ne se mesure pas tant au talent qu’au travail qu’elle engage et la capacité de l’auteur-e à se remettre sans cesse en question et d’échapper aux procédés qu’il a lui-même mis en place.
Au-delà du travail, ce fut la personne et son personnage qui me conquirent.

Christine Ollier, extrait.

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Christine Ollier est historienne de l’art et commissaire d’exposition. Elle a été la directrice artistique de la galerie Les filles du calvaire de 1996 à 2016, à Paris et Bruxelles.

SMITH est Née à Paris en 1985 et vit et travaille en France. En 2017 elle présente son exposition personnelle au PAR/ICI, CCN, Montpellier et participe à l’exposition collective « Le rêve des formes “Saturnium” » avec Antonin Tri Hoang, (lauréats du Prix Swiss Life à 4 mains), Palais de Tokyo, Paris.
SMITH n’en fait pas mystère : son approche du visible, luministe et sombre à la fois, vaut comme image de l’incertitude des rôles sexués. La question du genre, thématisée depuis plus de vingt ans par la philosophie tient une place non négligeable dans l’élaboration intellectuelle de son œuvre.