André Frère Éditions

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Une jeunesse française

Hervé Lequeux et Sébastien Deslandes

35,00 €

Catégorie : .
  • Photographies : Hervé Lequeux
  • Texte : Sébastien Deslandes
  • Design graphique : Gregory Dentel
  • 208 pages
  • 16,5 x 24 cm
  • 175 photographies en quadrichromie
  • Couverture souple à rabats
  • Français
  • 35 €
  • ISBN : 979-10-92265-57-6
  • Parution : fin avril 2017

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Une mise en lumière inédite de la jeunesse des quartiers populaires en France.

Notre intention, à l’été 2010, lors de repérages puis d’un reportage sur le travail d’une association auprès de jeunes déscolarisés à Villetaneuse (93), n’était aucunement de prétendre 6 ans plus tard, rassembler une somme d’informations, de visages et d’expériences issus des quartiers populaires de France. Il ne s’agissait pas alors de suivre ces multiples itinéraires individuels, de décrire le quotidien de ces jeunes garçons et jeunes filles. Ce par quoi ils sont traversés, les problématiques aussi qui les assaillent. Les différences qui pourraient exister d’un quartier à un autre, d’un extrême à l’autre du pays.

6 ans plus tard, il en résulte pourtant un ouvrage majeur Une jeunesse française. Fruit du travail d’un photographe et d’un journaliste, de la confrontation de leurs regards et de la complémentarité de leurs images et de leurs textes.

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Une plongée dans l’intimité de la jeunesse des quartiers populaires en France

Suivant une ligne imaginaire des quartiers nord d’Amiens aux quartiers nord de Marseille, en passant par les banlieues parisiennes, lyonnaises ou stéphanoises, ce livre se propose de contribuer à une histoire du temps présent. Celle de France, celle de ses quartiers populaires. Celle de cette jeunesse méconnue dont l’avenir ne manquera pas de mesurer toute l’importance qu’elle revêt pour leur pays. Les violences ayant parcouru certains quartiers populaires en France suite à l’interpellation brutale, à Aulnay-sous-Bois, du jeune Théo, le 2 février 2017, au même titre que les « émeutes de 2005 », sont là pour nous le rappeler.

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Un travail de terrain

Travailler en tant que journalistes dans les quartiers populaires sur le temps long, et faire le choix de s’intéresser à sa jeunesse, revient immanquablement à partager de longues heures, des jours à ses côtés. À discuter ou non, à rire souvent et surtout à épouser, autant que possible son quotidien. Venir puis revenir, tisser un lien de confiance autant que possible. Faire comprendre notre démarche, écouter parfois des griefs que certains de ces jeunes habitants auraient à l’encontre des visiteurs épisodiques. C’est franchir un Rubicon : être acceptés mais prendre en considération ce que cette confiance désormais établie, signifie. Hors nos premiers pas, à Villetaneuse, mis dans ceux d’une association de quartier travaillant à l’insertion des jeunes du quartier, nous avons chaque fois souhaité partir du terrain. En d’autres termes, mettre aussi à profit les liens existant entre tous les quartiers populaires de France pour pouvoir quand cela était possible, pénétrer les quartiers différemment, hors des schémas institutionnels ou associatifs.

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Extraits

Ici, les habitudes sont rodées : on commence par se saluer, faire le tour du groupe y compris ceux qu’on ne connaît pas. Un « check », une étreinte brève. Un soin tout particulier est accordé à ces conventions. Cela relève d’un quasi-cérémonial. L’instant paraît en effet capital. Et finalement assez caractéristique des quartiers. Faire un détour pour dire bonjour à un ami, une connaissance, un voisin est presque obligatoire. Une question « d’habitude et de politesse », nous dit-on. Quelques mots sont échangés. Parfois aucun. Alors que nous sommes souvent ravis de pouvoir entamer une conversation, notre alter ego poursuit déjà sa route, avec, en guise de conclusion, une phrase redondante que l’on retrouve dans tous les quartiers : « On est là. Je reviens. » « N’as-tu pas un moment ? » demande-t-on. « Je reviens » répond-il alors. L’individu disparaît aussi vite qu’il est arrivé, sans explication. Sans bien sûr que nous ne le revoyons par la suite. Plusieurs fois alertés par cette habitude, il nous fut finalement répondu que cela relevait d’une assurance mûrement intériorisée : il nous retrouvera très certainement à la même place à son retour. Le quartier fonctionne en vase clos. Si ce n’est pas dans quelques heures, ce sera assurément un peu plus tard. « D’ailleurs, n’avez-vous pas remarqué ? Si on se dit souvent bonjour, on vous dit rarement au revoir. » On parle fort, vite, c’est même parfois difficile à comprendre pour le néophyte avec ce mélange propre aux quartiers, de verlans, d’argots et ces emprunts à d’autres langues. Le principe est pourtant simple. On vanne à tous crins les présents comme les absents. On fume des joints, on raconte sa journée, son travail et sa galère. On demande des nouvelles de la famille. Le tout sur un fond de musique déployée par la radio d’une voiture autour de laquelle on s’est positionnés. Régulièrement, des véhicules passent, une main en sort pour saluer. Certains sont déjà partis, remplacés par d’autres. Il est presque minuit. La ronde se poursuit, et la vitesse exécutante de ce jeu de scène est déroutante. Une soirée comme une autre.

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Ce travail a reçu le soutien du CNAP (Centre National des Arts Plastiques – Ministère de la culture) en 2011. Pour une partie, il a également été publié dans de nombreux magazines (Le Monde, la revue 6 Mois, VSD, Mediapart, Le Monde M, Le Parisien magazine, La Vie ou Fisheye Magazine). Il a, par ailleurs, déjà été projeté à Visa pour l’Image, à Perpignan (2011), et exposé dans le cadre de l’exposition « CNAP ! » (2016), du Tbilissi Photo Festival (2016), du Zoom Photo Festival de Chicoutimi au Canada (2016), et du festival de Sète (2016).

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